Prostitution enfantine: « Enfant, j’ai été violée 43.200 fois »

« J’ai été violée 43.200 fois », témoigne Karla Jacinto, une Mexicaine tombée entre les mains d’un proxénète lorsqu’elle avait 12 ans à peine. « J’étais forcée d’avoir des rapports sexuels avec des étrangers 30 fois par jour. Je devais réaliser tous leurs fantasmes ». Dans un reportage réalisé pour CNN, on voit la jeune femme se confier sur les détails de son destin sordide notamment auprès de politiciens américains ou du pape. Son but: que les trafiquants d’êtres humains soient plus sévèrement condamnés. Mais en brisant le silence, c’est sa vie qu’elle met en danger.

Aujourd’hui âgée de 23 ans, Karla Jacinto se souvient encore de comment tout a commencé. Une sucette, un peu de gentillesse et d’attention, une belle voiture: il n’en a pas fallu plus pour séduire et faire baisser la garde de la fillette alors âgée de 12 ans. « Il m’a offert des chaussures, m’a dit que je serai sa princesse ». Rapidement, le loverboy la fait basculer dans la prostitution: il l’enlève chez elle et l’installe dans un bordel de Guadalajara.

Coups, viols et pratiques sexuelles effarantes
« J’ai dû travailler chaque jour de dix heures du matin à minuit et ce durant quatre ans », explique-t-elle dans un portrait réalisé par CNN. « Certains hommes se moquaient de moi parce que je pleurais. Alors je fermais les yeux pour ne plus rien voir et essayer de ne plus rien sentir ». Et Karla n’est qu’un exemple parmi les nombreuses travailleuses du sexe – forcé – de ce bordel. La plupart sont mineures d’âge et leurs parents ne savent pas où elles se trouvent. Le quotidien se partage entre viols à la chaîne et violences en tous genres, sans parler des désirs coupables de clients pervers qu’il convient d’exaucer sous peine de représailles.

Policiers corrompus
Comment une enfant a-t-elle pu être exploitée si longtemps sans que la police n’intervienne jamais pour la sortir des griffes de son proxénète? La réalité au Mexique est cruelle. Karla se souvient qu’un an après le début de son exploitation nauséabonde, l’espoir de s’en sortir est né à nouveau lorsqu’un raid de la police a mis à jour l’identité et la jeunesse des prostituées violées au bordel. Pensant sa délivrance toute proche, Karla se réjouit que justice soit enfin faite mais la déception n’en sera que plus douloureuse. Les agents témoins des faits finissent par conclure un deal avec le proxénète: leur silence en échange de toutes les filles à leur disposition. Et tous les policiers choisissent alors de violer les jeunes femmes plutôt que de les rendre à leurs familles.

« Les agents se fichaient des fillettes qui pleuraient pour rentrer chez elles »
Quant à profiter d’un moment de liberté pour contacter leurs proches ou à se rebeller, l’option est inimaginable pour les filles qui se voient menacées, photos d’elles nues avec leurs partenaires sexuels à l’appui, d’être dénoncées à leurs parents. De peur que leurs familles les voient dans ces positions dégradantes, nulle n’ose fuir. La police participe aux manoeuvres d’intimidation. « C’était écoeurant, ils savaient qu’on était mineures. Il y avait des filles de dix ans à peine. Elles pleuraient et disaient leur âge aux agents et qu’elles voulaient rentrer à la maison mais ils s’en fichaient ». C’est là que Karla comprend qu’elle n’a personne vers qui se tourner, toutes les figures de confiance sont brisées. Parmi ses clients en effet, des policiers, des juges, des prêtres, des pères de famille. Elle ne voit plus d’issue. « Imaginez ce que c’est pour une enfant de 12 ans », s’indigne une ancienne sénatrice mexicaine. « Si elle agit, on la frappe plus fort, si elle se tait, on la frappe encore ».

Son bébé du viol comme objet de chantage
Régulièrement violée par ses « employeurs », Karla finit par tomber enceinte de l’un d’eux alors qu’elle vient d’avoir 15 ans. L’homme utilisera le bébé comme nouvel objet de chantage envers elle, il l’empêche de fuir sous peine de le perdre. En 2008 cependant, le cauchemar prend fin, sa vie d’esclave sexuelle s’achève grâce à une organisation contre la traite d’être humains qui la recueillera et lui offrira une nouvelle vie.

Depuis lors, Karla Jacinto ne s’est pas contentée de tenter de tourner la page et se reconstruire, elle s’est intensément investie contre ces pratiques sordides, notamment en racontant son histoire devant le congrès américain ou au pape François. Elle leur a expliqué comment son identité a été réduite à celle d’objet sexuel et a exhorté les politiciens américains à prendre des mesures supplémentaires à l’encontre de ce trafic inacceptable. « J’ai été forcée de réaliser tous les fantasmes les plus fous des hommes, et ce à plus de 40.000 reprises », a-t-elle lancé à la classe politique pour réveiller leur intérêt.

Tourisme sexuel des pédophiles étrangers
Selon elle, les USA sont concernés car parmi les très nombreux clients auxquels sont jetées des enfants en pâture, il y a une grande proportion d’étrangers qui font le voyage jusqu’au Mexique, notamment à Guadalajara, rien que pour assouvir leur envie de violer des enfants comme elle. Et ce, en toute impunité une fois rentrés au pays.

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